Faut-il instaurer un congé face au dérèglement climatique ?

Face à des conditions de travail de plus en plus difficiles à cause des canicules et des inondations, l’idée d’un congé climatique s’invite dans le débat public.

Canicules à répétition, chantiers étouffants, déplacements risqués, tempêtes, inondations… Les épisodes climatiques intenses se multiplient et leurs effets sur le travail deviennent de plus en plus visibles.

Selon un rapport d’Oxfam France, publié le 15 juillet 2024, 36 % des travailleurs ont déjà été exposés, à des épisodes de chaleur extrême. Le même été, Santé Publique France a enregistré 7 accidents du travail mortels possiblement en lien avec les fortes chaleurs, les chantiers s’avérant particulièrement létaux en pareilles circonstances.

Un droit de retrait insuffisant

Pour s’en protéger, les salariés peuvent faire valoir le droit de retrait. Selon l’article L4131-1 du Code du travail : « Le travailleur alerte immédiatement l’employeur de toute situation de travail dont il a un motif raisonnable de penser qu’elle présente un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé ainsi que de toute défectuosité qu’il constate dans les systèmes de protection. Il peut se retirer d’une telle situation. L’employeur ne peut demander au travailleur qui a fait usage de son droit de retrait de reprendre son activité dans une situation de travail où persiste un danger grave et imminent résultant notamment d’une défectuosité du système de protection. »

Cependnt, lors de cette période, le maintien de la rémunération des salariés n’est pas automatiquement garanti, tout dépend de la convention collective.

5 jours payés

La cheffe de file des Ecologistes et candidate déclarée à la présidentielle, Marine Tondelier, juge ce cadre juridique insuffisant.

Le 1er mai dernier, au micro de RMC, elle a proposé la création d’un congé climatique. L’idée ? Permettre aux salariés ne pouvant pas télétravailler lors d’événements climatiques extrêmes de rester chez eux, durant 5 jours, sans perdre leur salaire.

Ce congé climatique existe déjà en Espagne. À la suite des violentes inondations qui avaient frappé la région de Valence en 2024, le gouvernement a décidé d’instaurer ce nouveau congé. Lorsque des alertes météorologiques sont émises par les autorités, les salariés, tout secteur confondu, peuvent faire valoir 4 jours de congés payés.

Aux États-Unis et au Canada, des congés d’urgence sont aussi prévus, mais ils ne sont pas rémunérés.

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