Après les menaces de surtaxes de Donald Trump liées au Groenland, la France demande l’activation de l’instrument anticoercition européen. Voici en quoi il consiste.
La pression de Donald Trump s’accentue sur l’Union européenne. Face à la mobilisation des États membres contre la volonté américaine d’annexer le Groenland, le président des États-Unis a menacé 8 pays européens, dont la France, de surtaxes douanières.
La réaction d’Emmanuel Macron ne s’est pas fait attendre. Le samedi 17 janvier, le président de la République française a demandé à l’Union européenne la mobilisation de l’instrument de coercition.
Un ensemble de représailles
Cet outil commercial, adopté par l’UE en 2023, a jusqu’à présent jamais été utilisé.
D’après le Parlement européen, « on parle de coercition économique lorsqu’un pays tiers tente de faire pression sur l’UE ou sur un État membre pour qu’il fasse un choix spécifique, en appliquant ou en menaçant d’appliquer des mesures relatives au commerce ou aux investissements »;
Grâce à cet instrument, l’UE peut recourir à plusieurs types de représailles. Il permet, par exemple, de limiter les importations provenant du pays en question, de geler l’accès aux marchés publics, de suspendre la mise sur marché de certains produits ou bien encore de bloquer des investissements.
Concrètement, l’instrument de coercition peut être activé à la demande d’un État membre ou à l’initiative de la Commission européenne. L’exécutif européen dispose alors de quatre mois pour enquêter sur cette éventuelle coercition économique. Dans le cas de Donald Trump, l’UE avait déjà envisagé, en janvier 2025, d’activer ces représailles, sans finalement donner suite.
Dans une lettre adressée le 18 janvier 2026 à Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, Valérie Hayer, à la tête du groupe centriste au Parlement européen, estime que le recours à cet instrument doit être préparé « dans la mesure où il a été conçu précisément pour répondre à des situations d’intimidation économique de cette nature », cite l’AFP.
Un temps de médiation
À l’issue de l’enquête, la Commission européenne remet ses conclusions au Conseil de l’UE, qui rassemble les chefs d’ État ou de gouvernements des pays de l’UE. L’activation de l’instrument doit être approuvée à la majorité qualifiée, c’est-à-dire au moins 55% des Etats membres.
En cas d’adoption, une phase de médiation s’ouvre ensuite. Durant cette période, illimitée, la Commission tentera de convaincre les États-Unis de faire cesser les mesures contestées.
Cependant, si cette médiation échoue et que les États membres sont d’accord, la Commission a 6 mois pour décider d’une réponse adéquate. Le Parlement européen et le Conseil européen devront être informés de toutes les étapes des représailles.