Coupe du monde 2026, le piratage IPTV dans le viseur de l’Arcom

L’Arcom déploie un dispositif inédit pour couper court au streaming illégal pendant la Coupe du monde 2026 de football. Explications.

Ce lundi soir, M6 devrait réaliser une belle audience grâce au deuxième match de l’équipe de France face à l’Irak. Cependant, cette rencontre fait figure d’exception. Sur l’ensemble des 104 matchs que compte la Coupe du monde 2026, seuls 54 sont diffusés gratuitement sur M6.

Les autres rencontres sont réservées aux abonnés de bEIN Sports. Cette situation pousse certains téléspectateurs à se tourner vers les boîtiers IPTV piratés, ce qui s’annonce plus risqué, cette année.

Un blocage en temps réel

Depuis le coup d’envoi de la compétition le 11 juin dernier, l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) a mis en place un système de blocage des adresses IP directement pendant la diffusion des matchs.

Le principe est simple. Dès qu’un flux pirate est repéré, son adresse IP est transmise aux fournisseurs d’accès à Internet – Free, SFR, Orange et Bouygues Telecom – qui sont alors tenus de couper l’accès à l’intégralité du serveur concerné.

Cette méthode marque une rupture avec l’ancien système. Ce dernier était basé sur le blocage des noms de domaine (DNS), qui permettait aux sites pirates de rouvrir presque aussitôt sous une nouvelle adresse.

En ciblant le serveur dans son ensemble, l’Arcom rend la riposte des plateformes illégales beaucoup plus difficile. Les coupures sont plus fréquentes et le redémarrage des flux pirates plus laborieux.

Une nouvelle arme contre le piratage

Ce dispositif vient compléter un arsenal conséquent du côté des ayants droit, qui disposaient déjà du blocage des URL, des DNS, et même des VPN.

Néanmoins, le revers de la médaille reste réel. En neutralisant un serveur entier, les autorités s’exposent à bloquer par la même occasion d’autres sites parfaitement légaux hébergés sur la même infrastructure.

Une anticipation de la loi

Testé à l’occasion du tournoi de Roland-Garros, ce mécanisme de blocage devance, en réalité, une législation encore en cours d’adoption.

Une proposition de loi sur l’organisation, la gestion et le financement du sport professionnel, votée par le Sénat en mai dernier, prévoit plusieurs outils permettant un blocage quasi instantané des sites IPTV pirates et de leurs clones lors des retransmissions sportives en direct.

Le texte est, à présent, examiné par la commission des affaires culturelles et de l’éducation de l’Assemblée nationale.

Le manque à gagner directement imputable aux retransmissions pirates a atteint 290 millions d’euros en 2024, selon l’Arcom.

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