Depuis ce 15 mai 2026, il n’est plus possible d’acheter des produits alimentaires contenant du CBD. Les bonbons, tisanes ou compléments sont retirés de la vente.
Bonbons, infusions, tisanes, huiles et compléments alimentaires au CBD ne pourront plus être commercialisés ni achetés à compter de ce vendredi 15 mai.
La direction générale de l’alimentation (DGAL), chargée de la sécurité sanitaire des denrées, a choisi de s’aligner sur l’approche la plus prudente défendue par l’Autorité européenne de sécurité des aliments.
En cause ? Des interrogations subsistantes sur les effets secondaires du cannabidiol.
Le verrou du Novel Food
Le secteur du CBD évoluait jusqu’ici dans un cadre réglementaire instable. Le règlement européen sur les nouveaux aliments, dit Novel Food, impose une autorisation préalable pour tout ingrédient dont la consommation n’était pas significative dans l’Union avant 1997.
Il dresse une liste des nouveaux ingrédients et aliments autorisés sur le marché. La molécule CBD n’en fait pas partie, un doute subsistant toujours sur sa dangerosité en tant que stupéfiant.
Cependant, le 19 novembre 2020, dans un arrêt retentissant, la Cour de justice de l’Union européenne ( CJUE) a précisé qu’en l’état actuel des connaissances scientifiques, le CBD « n’apparaît avoir d’effet psychotrope ni d’effet nocif sur la santé humaine ».
Il ne peut donc pas être considéré comme stupéfiant.
Confortés par cette décision, une centaine de fabricants ont saisi la Commission européenne afin de l’ajouter à la liste Novel Food, régulièrement mise à jour.
Des effets secondaires en question
En février et mars 2026, la Commission européenne a publié une série de décisions d’exécution mettant fin aux procédures d’autorisation pour de nombreux extraits de CBD, distillats et CBD synthétiques, faute de preuves de sécurité suffisantes. Elle s’est tournée vers l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) pour trancher le sujet.
Selon l’EFSA, les données scientifiques ne sont pas suffisantes pour garantir son innocuité, notamment à long terme.
Des interrogations subsistent sur ses effets possibles sur le foie, le système hormonal, le système nerveux ou encore en cas de prise de médicaments. Tant que ces doutes ne sont pas levés, la Direction générale de l’alimentation a décidé d’appliquer le principe de précaution.
Les consommateurs épargnés
L’interdiction concerne exclusivement la mise sur le marché. Tous les distributeurs tels que les boutiques spécialisées, pharmacies et plateformes en ligne opérant depuis la France, sont concernés.
En revanche, les consommateurs ne s’exposent à aucune sanction. Le CBD, en tant que substance, n’est pas classé comme stupéfiant.
Tous les produits au CBD ne disparaissent pas pour autant. Les fleurs, résines et huiles non destinées à être ingérées ne sont pas concernés par cette interdiction. Ils sont toujours disponibles à la vente.


