La confirmation par le Conseil d’État des classements de LFI à l’extrême gauche et de l’UDR à l’extrême droite relance le débat sur la définition des nuances politiques.
Le Conseil d’État a confirmé, dans une décision rendue le 27 février, la classification de La France insoumise (LFI) à l’ « extrême gauche » et celle de l’Union des droites pour la République (UDR), le parti d’Éric Ciotti, à l’ « extrême droite » pour les élections municipales des 15 et 22 mars prochains.
La plus haute juridiction administrative avait été saisie par les deux partis politiques qui contestaient cette décision prise par le ministère de l’Intérieur.
En effet, le ministère avait pris le 2 février une circulaire attribuant les nuances politiques pour les élections municipales 2026.
Une nuance ne liant personne
L’objectif de cette circulaire est simple. Il s’agit d’attribuer une nuance politique aux candidats, aux listes et aux partis afin de permettre aux pouvoirs publics et aux citoyens des résultats nuancés.
Ces nuances politiques, attribuées par le ministère, se distinguent de l’étiquette politique, librement choisie par le candidat. La circulaire en cause charge les préfets d’attribuer 26 nuances aux candidats individuels aux élections municipales et 25 nuances aux listes.
Celles-ci sont regroupées en 6 blocs de clivages : l’extrême gauche, la gauche, divers, le centre, la droite et l’extrême droite.
Pas de règles d’attribution définies
Ce pouvoir de ministère de l’Intérieur d’adresser, pour chaque élection nationale, une circulaire aux préfets avec des nuances politiques est une tradition remontant au 19e siècle. La manière dont ces regroupements sont décidés reste assez floue, car il n’existe pas de règle clairement définie.
Par conséquent, le Conseil d’État est régulièrement saisi de ces circulaires, par des formations politiques ou des candidats en désaccord avec la nuance qui leur a été accordé.
Un contrôle de la cohérence administrative
Dans le cas des prochaines élections municipales, la France Insoumise et le parti UDR reprochent à la circulaire du 2 février 2026 de les classer pour l’un à l’extrême gauche alors que jusque-là, LFI était classé à gauche, et pour l’autre, à l’extrême droite.
Les juges administratifs n’ont pas suivi leurs arguments présentés lors d’une audience publique, le 25 février. « Le Conseil d’État juge, compte tenu de la situation politique prévalant pour les élections municipales de 2026 et des alliances observées pour ces élections, que ni le classement de LFI dans le bloc de clivages “extrême gauche”, ni celui de l’UDR dans le bloc de clivages “extrême droite” ne sont entachés d’une erreur manifeste d’appréciation », indique la décision.
Le Conseil d’État ne dit pas que LFI est objectivement d’extrême gauche ou que l’UDR est intrinsèquement d’extrême droite. Il dit simplement que le ministère n’a pas commis d’erreur manifeste dans la cohérence administrative.


